22 déc. 2009

L'Organisation Mondiale de l'Environnement? L'échec de Copenhague!


L'Agence Internationale pour l'Environnement (AIE), ou encore appelée l'Organisation Mondiale de l'Environnement (OME), devait être le maillon central des négociations de Copenhague. C'est un projet qui était notamment porté depuis quelques mois par le tandem Ban Ki Moon, secretaire général des Nations Unis, et Nicolas Sarkozy.

16 déc. 2009

Peut-on encore sauver le monde à Copenhague?

Ce qui se passe à Copenhague au Danemark dénote la détermination des participants à aboutir à un accord. Mais pas n'importe lequel. Bien que je ne sois pas dans le secret des transactions, les médias font l'écho ici et là de discussions importantes au sein de la conférence.
Les négociations ne porteraient que sur le montant des quotas carbone qui seront émis sur les marchés carbone. Les participants (actuellement des diplomates ou des experts mandatés par les Etats) ne discutent que du nombre de quotas de carbone qui sera mis sur le marché et du moyen d'allouer ces droits: le marché financier ou tout du moins ses acteurs. Toute discussion hors de ce cadre semble être vouée à l'échec. Dit simplement, les pays sont en train de lister toutes les activités qui devront obtenir des quotas pour pouvoir continuer à exercer leur activité (qui est donc considérée d'une manière directe ou indirecte comme émettant du dioxyde de carbone).

Pour polluer, il faudra pour toutes les entreprises (on parle même d'un modèle incorporant les ménages!) acheter des droits de polluer qui seront disponibles sur des marchés. Ces plateformes existent déjà en Europe (BlueNext est un acteur puissant en Europe). Le continent européen se targue d'être en avance sur cette question grâce à la mise en place de l'European Union Emission Trade Scheme (EU-ETS) grâce à la Commission européenne. Il existe aussi des initiatives au niveau des Etats aux Etats-Unis et au Canada (bourse de Montréal).
Ces bourses ont une durée de vie encore courte mais on peut tout de même tirer quelques enseignements intéressants. En septembre 2007 moins de 2 ans après la mise en place de ces "bourses du carbone" en Europe, le prix de la tonne qui était monté jusqu'à 30 dollars en avril 2006 s'effondre à moins d'un dollar la tonne. Les spécialistes se bousculent alors pour affirmer que cette baisse est due au trop grand nombre de quotas alloués aux entreprises (12 000 concernées dans toute l'Europe). C'est à ce stade que l'on dissocie les intérêts des traders et des entreprises. Cette divergence d'intérêts restera marquée et menera à des déquilibres plus forts puisque ce système va s'internationaliser, se renforcer et s'intégrer après la conférence de Copenhague. En effet, le nombre de quotas disponible va être multiplier ainsi que le nombre d'acteurs concernés qui vont in fine participer au marché carbone pour répondre aux objectifs environnementaux de Copenhague.
En théorie, les entreprises vont chercher à tout prix à diminuer leur dépendance vis-à-vis du carbone sous peine de devoir acheter des quotas année après année (ou période après période). Si toutes les entreprises se mettent à investir dans les énergies propres le prix de la tonne de CO2 risque de dégringoler et l'offre va largement excéder la demande. Cette vision ne se réalisera que partiellement puisque la technologie propre disponible ne sera pas suffisante pour pallier à la demande énergétique des pays émergents.
Se pose alors la question du transfert technologique des pays développés vers les pays avec des infrastructures sous-développées. Le mécanisme qui existe actuellement permet aux entreprises innovantes basées dans les pays riches d'investir dans des pays pauvres pour produire de l'energie. Cette entreprise obtiendra en échange un quota de carbone en fonction de l'émission carbone économisée. D'une pierre deux coups: Exploitation d'une usine dans les pays émergents et obtention de quotas carbone négociables sur le marché international.
Le système mis en place va indubitablement forcer les pays "industrialisés" à payer les quotas, cela entrainera une hausse des coûts de production et une inflation des prix des biens et des services. Les pays comme l'Allemagne et la Chine devront réadapter leur structure productive pour répondre à ce défi structurel et donc faire face à une perte de compétitivité. Les pays comme l'Angleterre et les Etats-Unis qui ont fortement délocalisé depuis plusieurs décennies leur production subiront des effets relativement plus faibles.
Il est tout à fait louable de se lancer dans ce projet historique pour sauver le climat mais il ne faut pas oublier les effets sur l'économie et donc sur la structure sociale des pays. De nombreux pays vont voir leur dépendance technologique croitre avec les accords de Copenhague. Investir dans les énergies propres peut lancer des pays dans une spirale de la dette alors que ces énergies éoliennes et solaires, mises sur un pied d'estal durant les discussions, fournissent beaucoup moins de calories que des énergies traditionnelles tel que le charbon, le gaz et le pétrole. C'est une question légitime tant le défi du développement économique dans de nombreux pays va de pair avec une croissance démographique forte.
Enfin le marché financier, avec ses acteurs troubles qui ont causé la plus grave crise financière de l'histoire, a été choisit comme l'acteur central et incontournable pour allouer ces quotas carbone. Comme dit plus haut la divergence entre les anticipations des acteurs financiers et les stratégies des entreprises causeront à terme un décalage entre l'offre et la demande de carbone. La crise financière a montré les limites du marché mais les Etats continuent de s'aliéner leurs responsabilités.
Article également publié sur Google knol